Le ski alpin et le ski de fond dans les Laurentides

George Lamontagne

Moniteur de ski alpin niveau 2

Forme d'expression

Intérêt patrimonial

En Amérique du Nord, c'est particulièrement dans les Laurentides que se sont développés le ski alpin et le ski de fond en tant qu'activités sportives hivernales. Le paysage de cette région montagneuse est parsemé de petits centres de ski alpin parfois très anciens. Ils sont aujourd'hui des vestiges d'une époque où les remonte-pentes n'existaient pas et où les skieurs devaient monter la pente à pied. Plusieurs sentiers de ski de fond ont été développés dans la région. Ces centres de ski alpin et sentiers de ski de fond possèdent aujourd'hui, en raison de leur ancienneté et de leur popularité, un cachet historique important pour la région. 

Description de la forme d'expression


George Lamontagne, © IREPI

Le ski alpin est une activité de loisir très populaire dans la région tout au long de la saison hivernale. La région montagneuse des Laurentides accueille des milliers de visiteurs principalement en raison de ses pentes de ski alpin, ainsi que la présence de chalets, restaurants et autres services facilitent la venue des skieurs.


Le ski alpin est un sport qui s'est développé dès la fin du XIXe siècle et au cours du XXe siècle. L'équipement, très rudimentaire à l'origine, s'est raffiné avec la technologie. Le sport s'est codifié, faisant place à de nombreuses figures de style, techniques et écoles disciplinaires. Le ski alpin s'est d'abord distingué du ski de fond, pratiqué sur un terrain relativement plat, pour s'adapter aux descentes montagneuses. Ainsi, les fixations du ski alpin sont fixes, maintenant les pieds sur les skis pour donner plus de contrôle lors de la descente. Auparavant, les skieurs maintenaient les skis collés ensemble et devaient effectuer un petit saut pour changer l'angle de la descente et effectuer un virage. L’arrivée des skis paraboliques marque un changement important dans la technique du ski. Ainsi, il est maintenant possible de contrôler la direction avec fluidité par le pivotement des pieds et, à l'occasion, par une simple inflexion des genoux. Dans la pratique du ski alpin, il est crucial de ne jamais perdre le contrôle des skis. Il importe également de se comporter de façon sécuritaire sur les pistes. Les moniteurs de ski, tel que George Lamontagne, ont un rôle essentiel dans l’enseignement des techniques et la transmission des codes de conduite sécuritaires à adopter sur les pistes. 


Apprentissage et transmission


Plan des pistes de ski du Mont Saint-Sauveur, © IREPI

La transmission des techniques de ski alpin s'effectue de diverses manières, soit la pratique autodidacte ou la formation directe. Les moniteurs ont pour objectif de former des élèves de niveaux débutant ou avancé. Ils contribuent énormément à l'enseignement de ce sport et aux codes de conduite sécuritaires.


Les premiers skieurs alpins étaient des passionnés. À l'époque où il n'y avait pas de remonte-pentes automatiques comme c'est le cas de nos jours, ceux-ci montaient les pentes à pied, et ce pendant 30 minutes, pour ne jouir du plaisir de la descente que pendant quelques minutes. Cependant, plusieurs ne maîtrisaient pas les techniques et risquaient des blessures et des dangers importants. C'est ainsi que l’Alliance des moniteurs de ski du Canada s'est formée en 1938. Elle avait pour but d'enseigner aux skieurs les techniques sécuritaires de la pratique de ce sport. C'est d'ailleurs dans la région des Laurentides qu'a été fondée l'Alliance. Plusieurs instructeurs européens, lieu d'origine de ce sport, donnent alors des formations et contribuent à l'essor et à la popularité de ce sport d'hiver. C'est le cas du Suisse Émile Cochand, premier instructeur de la région, arrivé en 1911 à Sainte-Agathe-des-Monts. Il développe quelques années plus tard, l'un des premiers centres de ski et de villégiature québécois, le Chalet Cochand, à Sainte-Marguerite-Station.

Historique général

La colonisation des Laurentides a débuté au XIXe siècle avec l'exploitation agricole. Toutefois, les terres des Laurentides étant peu fertiles, l'industrie touristique a pallié au manque de productivité dans les années 1940, par la promotion d'activités de villégiature.


Avant de devenir une activité de loisir, le ski constituait, dès son introduction au début du XXe siècle dans les Laurentides, un moyen de transport pour circuler sur les terres agricoles et en forêt. En effet, le déneigement des routes en hiver dans les Laurentides a débuté à partir de 1945 seulement. En 1905, les skieurs n'utilisaient qu'un seul bâton qu'ils plaçaient entre leurs jambes pour se propulser vers l'avant. Les skis étaient plus larges que les modèles actuels. Ils étaient dépourvus de fixation de métal. Elles étaient plutôt fabriqués à la main par les agriculteurs. On ne faisait pas de distinction entre les skis de fond et les skis alpins.


Le ski devient une pratique sportive vers 1910, grâce aux innovations technologiques améliorant les performances. Entre 1910 et 1930, on réalise d’importantes évolutions techniques, dont l'apparition des fixations en métal et la mise en place de remonte-pentes, marquant une distinction entre le ski de fond et le ski alpin. C'est à cette époque que les sentiers de ski de fond et les pistes de ski alpin se développent.  De nombreuses expéditions au cœur des Laurentides ont pour objectif de tracer des sentiers.


L'ingénieur de ski norvégien, Hermann Smith-Johannsen, aussi connu sous le nom de Jack Rabbit, dessine alors des pistes pour le ski de fond entre les villages, selon le style norvégien. Le réseau des sentiers fait par Jack Rabbit est unique au Québec, et même au Canada. Il a permis le développement de la pratique du ski de fond comme loisir. C'est lui qui a d'ailleurs développé la fameuse piste Maple Leaf, reliant Shawbridge (Prévost), Saint-Sauveur, Sainte-Adèle, Val-Morin et Sainte-Agathe-des-Monts. Ce premier tracé de plus de 40 kilomètres a par la suite atteint le petit village de Mont-Tremblant en suivant la voie ferrée du P’tit Train du Nord. Les skieurs pouvaient donc facilement rejoindre le train, ainsi que les auberges situées non loin du parcours, pour se restaurer. Le tracé répondait donc aux besoins d'une clientèle friande de loisirs. Aidé par le développement des réseaux de trains Canadien National et Canadien Pacifique vers les Laurentides, le ski a marqué le début d'une industrie touristique régionale active pendant toute l'année. Ces deux voies d’accès ferroviaires amènent un flot de skieurs, jusqu’à 100 000 par année. Dans son ouvrage intitulé Histoire des Laurentides, Serge Laurin, historien, relate  : « En devenant une industrie d’importance, le ski a transformé la configuration du territoire des Laurentides et a constitué un apport économique essentiel. L’invasion massive des skieurs entre 1920 et 1940 a complètement transformé un espace dominé par la présence de fermes modestes, de moulins à scie entourant des villages tranquilles en la plus recherchée des aires de récréation hivernale en Amérique du Nord ».


Documentation

MRC des Pays-d'en-Haut, Service du patrimoine: historique du territoire des Pays-d'en-Haut. En ligne: http://www.lespaysdenhaut.com/99-MRC-Services_Arts_culture_et_patrimoine_Patrimoine.html



LAURIN, Serge (1989) Histoire des Laurentides. Québec: Institut québécois de recherche sur la culture, collection "Les régions du Québec", 892p.


 

Sources

  • Nom du facilitateur ou des facilitateurs : Simon Côté-Bouchard et Jean-Sébastien Laliberté
  • Date d'entrevue : 2010-06-17
  • Nom de l'indexeur ou des indexeurs : Simon Côté-Bouchard

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Photos

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