Nathalie Levasseur

Vannerie

Personne

Intérêt patrimonial

Nathalie Levasseur est une sculpteure-vannière. Elle actualise les techniques ancestrales de vannerie dans l'exécution d'œuvres d'art principalement tridimensionnelles. Elle maîtrise plusieurs techniques de vanneries développées au fil de la rencontre de différents porteurs de savoirs. Elle met en valeur ses connaissances historiques et techniques de la vannerie lors d’ateliers, d'expositions et de démonstrations au Canada et à l'international.

Description de la pratique, du savoir ou du savoir-faire


Nathalie Levasseur a recours aux techniques ancestrales de vannerie pour confectionner des œuvres contemporaines, des paniers, des chapeaux et des fonds de chaise. Cette artisane, résidant à Val-David dans les Laurentides, est l'une des rares personnes au Québec détenant le savoir-faire de la vannerie. Son apprentissage s'est effectué lors de rencontres de différents porteurs de savoirs français, anglais, japonais et américains depuis 1996. Cette technique consiste à assembler des substances organiques végétales ou animales. Il s'agit d'un tressage aux doigts « par-dessus et par en dessous ». Un objet tressé se compose généralement de trois éléments : le fond, la clôture et la bordure. La vannerie requiert plusieurs étapes de fabrication. D'abord, il faut récolter les matières organiques dans la nature. Certaines d'entre elles nécessitent d'être préparées (séchées, retrempées, torsadées ou coupées). Ensuite, l'artisane tresse l'objet qu'elle désire créer. Le fond et la bordure sont souvent les composantes d'une structure ou d'un panier les plus difficiles à réaliser. Différentes matières peuvent être tressées, par exemple, le frêne (fraxinus), le cornouiller rouge (cornus alba), l’orme (ulmus), la quenouille (conucula), le blé (triticum sativum), la verge-d'or (solidago virga-aurea), l’avoine (avena), l’osier (salix viminalis), la clématite (clematitis), la vigne (vinea), le rotin, le genevrier rampant, le foin de mer, le foin d'odeur, le saule, l’iris, la paille, le prêle et le cèdre. Le critère est la souplesse. Il est possible de les utiliser vivantes ou séchées et retrempées. Cependant, chaque matière organique a ses limites. Par exemple, il est impossible de soumettre la vigne à une torsion de 360° sans casser. La quenouille peut être tressée à plat ou torsadée pour augmenter sa malléabilité. Les techniques de vannerie sont aussi diversifiées que les matières. Par exemple, le panier à arceaux est un tressage élaboré à partir de l'anse et de la bordure de l'objet à créer. Il est constitué d'une matière vivante comme le cornouiller rouge. Avec les années, la matière sèche en rapetissant. Les mailles du panier deviennent moins serrées. Contrairement aux autres types de paniers, il est possible d'ajouter de la matière au tressage afin de resserrer l'objet. La sculpteure-vannière compare le mariage des techniques de tressage et des matières utilisées à la palette de couleurs des peintres. La pratique de la vannerie requiert peu d'outils. Un objet tranchant comme le sécateur ou le couteau croche est nécessaire afin de couper les matières organiques utilisées. L'épissoir est un outil de forme mince et allongée qui permet d'insérer les montants dans le fond de la structure afin de constituer la clôture. Il est utilisé notamment pour fabriquer les paniers à fond rond. La batte est une barre de métal servant à frapper la clôture de la structure afin de resserrer le tressage. L'épissoir et la batte sont des outils facultatifs. Nathalie Levasseur cultive plusieurs plantes dont elle cueille les feuilles, tels que les iris et les clématites. Elle récolte certaines matières en milieu sauvage comme les quenouilles. Plusieurs matières sont cueillies à leur longueur maximale, c'est-à-dire à l'automne. L'écorce des arbres est ramassée au printemps. Le foin de mer et le rotin sont parmi les quelques matières que Nathalie Levasseur doit acheter. Son atelier est situé dans le sous-sol de sa résidence. Elle y entrepose les matériaux utilisés pour la vannerie. Un bain est fixé à la hauteur d'un lavabo. Ce bassin est utilisé pour tremper les matières nécessaires à la fabrication des sculptures, des fonds de chaise et des paniers. Les œuvres sont suspendues au plafond et sur les murs. Nathalie Levasseur exerce la pratique de la vannerie dans la nature et à l'intérieur de son atelier. L'espace disponible dans le sous-sol étant insuffisant, Nathalie Levasseur réalise les œuvres de grande taille et le séchage des quenouilles dans une grange de la région des Laurentides. Elle fabrique des paniers lors des ateliers ou des démonstrations en lien avec le savoir-faire de la vannerie. Cependant, elle ne vend pas de paniers. Les magasins à grande surface offrent des paniers tressés à bas prix. Plutôt que de faire concurrence à ces entreprises, Nathalie Levasseur utilise les techniques ancestrales de vannerie pour confectionner des sculptures. Celles-ci sont exposées dans des galeries d'art au Québec, en Ontario, en Colombie-Britannique, en Espagne et au Japon. Les œuvres sont vendues à des collectionneurs.


Apprentissage et transmission


Nathalie Levasseur considère que le savoir de la vannerie est transmissible en premier lieu par le contact direct entre un apprenti et un maître : « C'est un savoir-faire qui se transmet, mais c'est un savoir-faire qui s'est toujours transmis d'une personne à l'autre. C'est plus que juste une technique, c'est une manière de vivre. La passion se transmet verbalement. Ce n'est pas quelque chose qui se transmet dans un livre. » Ainsi, l'artisane a appris le savoir de la vannerie en rencontrant des porteurs de tradition de différentes régions du monde. En 1996, elle a reçu une formation avec Ankaret Dean au Centre d'arts visuels à Westmount. Cette artisane ontarienne lui a transmis la passion de la vannerie. Dans le cadre de différents cours, Ankaret Dean lui a transmis des techniques comme le panier japonais, le panier tressé et le travail du cèdre. Par la suite, Nathalie Levasseur a fait des recherches sur le domaine de la vannerie afin de découvrir des techniques, des matières et des porteurs de ce savoir. Robert Todd lui a transmis ces connaissances sur le frêne, apprises des Mohawks. Nathalie Levasseur a également suivi des cours avec Adrien Landry sur le tressage du rotin. En 2004 et 2005, elle a reçu des formations au Japon par le sculpteur-vannier Takeo Tanabe, nommé trésor national. La famille Tanabe exerce la pratique de la vannerie depuis quatre générations. Nathalie Levasseur a rencontré plusieurs autres porteurs de tradition qui lui ont transmis d'autres savoirs comme le tressage des fonds de chaise et des rameaux. Elle transmet ses connaissances historiques et techniques sur la vannerie dans le cadre de démonstrations et d'ateliers. Les animations se déroulent lors d'événements à caractère historique tels que les Fêtes de la Nouvelle-France et le Festival des Vieux-Métiers de Longueil, de même que dans des lieux mettant en valeur le patrimoine comme Pointe-à-Callière et la Maison Saint-Gabriel. Lors de ses démonstrations, elle incarne une artisane de la vannerie métisse. L'habillement, les outils, les techniques démontrées et les matières utilisées sont représentifs de l'époque mise en scène. Les ateliers sont offerts au Jardin Botannique, au Centre Saydie Bronfmann, au Jardin de L'Achillée Millefeuilles et à l'École d'Été de Mont-Laurier. Dans le cadre de ces cours, les participants apprennent une technique de vannerie en tressant un panier, un chapeau ou un fond de chaise. Nathalie Levasseur enseigne en décomposant chacune des étapes du processus de fabrication de l'objet. La mise en pratique du savoir-faire permet aux élèves de l'acquérir : « passer par le faire c'est comme ça que ça se transmet premièrement parce que ceux qui ont appris à le faire n'ont pas juste regardé, ils l'ont fait en même temps. Si tu ne le pratiques pas, tu ne peux pas l'acquérir. »

Historique général


La vannerie existe depuis des millénaires dans les différentes régions du monde. En effet, Nathalie Levasseur considère que la vannerie est l'ancêtre de la poterie, des trappes à pêches (fascine) et du tissage. Certaines découvertes archéologiques permettent de supposer que les anciennes poteries étaient fabriquées à l'aide d'un tressage de matières organiques recouvert de terre cuite. Les fascines sont des structures tressées de grand format. Quant au tissage, il se distingue de la vannerie par la fibre utilisée. Selon Nathalie Levasseur, la popularité de la pratique de la vannerie au Québec a varié d'une période à l'autre. À l'époque de la Nouvelle-France, la vannerie était importée d'Europe. Après la conquête par les Anglais, les colons ont acquis les techniques européennes de vannerie. Le métissage culturel et les échanges culturels ont contribué à la transmission des savoirs liés au tressage entre les Français, les Anglais et les Autochtones. La vannerie populaire consiste à récolter la matière locale et de la tresser sans séchage. Le but de ce type de tressage est de produire un panier ayant une utilité immédiate. Le panier à patate, le panier rustique, les rameaux et le chapeau tressé cousu sont des exemples de vanneries traditionnelles au Québec. La vannerie commerciale consiste à tresser des matières séchées puis retrempées, telles que le rotin. Nathalie Levasseur, né en 1965 à Thetford Mines, elle réside dans la région des Laurentides depuis 1998. Son intérêt pour la vannerie a débuté lors d'un cours avec Ankaret Dean, en 1996. Cette artisane ontarienne lui a transmis la passion de la vannerie. Par la suite, Nathalie Levasseur a fait des recherches sur le domaine de la vannerie afin de découvrir des techniques, des matières et des porteurs de ce savoir. À partir de 2001, Nathalie Levasseur a réalisé plusieurs expositions de ces sculptures en vannerie au Québec, en Ontario, en Colombie-Britannique, à Barcelone en Espagne et à Osaka au Japon.


Documentation

Conseil des métiers d'art du Québec : http://www.metiers-d-art.qc.ca/repertoire/artisans/levasseurn.html
Projet au Japon de Nathalie Levasseur: http://www.metiers-d-art.qc.ca/actualite/cabouge/levasseurnathalie_au_japon.html
Conseil de la culture des Laurentides, galerie virtuelle de Nathalie Levasseur : http://www.culturelaurentides.com/galerie/levasseur

Sources

  • Nom du facilitateur ou des facilitateurs : Francesca Désilets et Marc-André Complaisance
  • Date d'entrevue : 2007-06-07
  • Nom de l'indexeur ou des indexeurs : Francesca Désilets

Photos

Facebook

Partenaires

La réalisation de l’Inventaire des ressources ethnologiques du patrimoine immatériel a été rendue possible grâce à l’appui de nos partenaires.

  • Logo - Conseil québécois du patrimoine vivant
  • Logo - Chaine de recherche du Canada en patrimoine ethnologique
  • Logo - Musée québécois de culture populaire
  • Logo - Société Québécoise Ethnologie

© 2024 Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique, Université Laval