Le cheval canadien

Chantal Montembeault

Éleveuse de cheval canadien

Forme d'expression

Intérêt patrimonial

Le cheval canadien est issus de différentes races ayant donné naissance à un cheval adapté au mode de vie des colons canadiens et dont la réputation a traversé les frontières nationales jusqu'au États-Unis. Après avoir vu son nombre dangereusement réduit à la fin du XIXe siècle, le cheval canadien, encore parfois méconnu de certains éleveurs, a été protégé et mis en valeur par le gouvernement en tant que race "canadienne".

  • En dépit de la reconnaissance étatique, l’éleveuse de chevaux canadiens Chantal Montembeault trouve que la race ne bénéficie pas de la reconnaissance sociale (et identitaire) qu’elle mérite. Pour ce faire, il devrait y avoir une campagne de promotion pour bien mettre en valeur la beauté et la spécificité de ces chevaux. Qui plus est, les propriétaires de chevaux devraient investir le temps, l’énergie et l’argent nécessaire pour développer davantage tout le potentiel de la race. Cependant, les coupures budgétaires dans les bourses n’aident en rien la cause.

Description de la forme d'expression


Le cheval canadien ou petit cheval de fer est la race chevaline nationale du Canada. Malgré sa relative petite taille (environ 1,5 mètre) et la finesse de ses traits, il est polyvalent (dressage, attelage, équitation, trait, etc.) étant donné sa force et son agilité. Il pèse entre 400 et 650 kg et sa robe est noire, brune ou alezan. La tête est petite et rectiligne, l’encolure est ronde, le dos est court, mais large, ses membres sont affinés, mais musclés et sa crinière est abondante. Sa silhouette est dite rustique et frugale. À partir de sa naissance, le poulain doit être socialisé grâce au jeu et au toucher. Dès l’âge de deux ans, on l’habituera à la selle et à la bride et l’on débutera son apprentissage. À trois ans, on l’entraînera pour tirer la voiture, pour marcher au trot et au galop. L’élevage nécessite un travail quotidien, qui s’intensifiera aux approches d’expositions et de compétitions.

Apprentissage et transmission


La perpétuation de la race du cheval canadien est assurée par la reconnaissance de son rôle dans l'histoire coloniale et par l'existence d'éleveurs qui s'y intéressent. Certains passionnés investissent du temps à l'élevage et aux soins de l'animal et qui profitent des expositions pour présenter leur cheval. Cela demande beaucoup de temps et d'énergie. Certains éleveurs puristes considèrent essentiel de reproduire les bêtes entre même race afin qu'elles conservent leurs caractères.

Historique général


C’est entre 1665 et 1671 que les premiers descendants du cheval canadien arrivent en Nouvelle-France avec les colonisateurs. Élevés en vase clos, les chevaux ont vus certains de leurs traits se renforcer, si bien qu’à la fin du XVIIIe siècle, on parle d’une nouvelle lignée.

Dès le début de ce siècle, les habitants utilisaient les chevaux (que l’on nombrait à 12 000) autant pour travail agricole que pour leurs déplacements. Qui plus est, ils servaient à rejoindre les postes d’occupation jusqu’au cœur du continent américain. C’est aussi dans ce même siècle que les Étasuniens ont commencé à faire du commerce pour dénicher les meilleurs spécimens, faisant ainsi diminuer la pureté génétique. Menace pour la pureté de la race canadienne, les Britanniques ont commencé à croiser ces chevaux avec du Shire et du Clydesdale. On se retrouvera au XIXe siècle avec le grand défi de sauver la race, que l’on a cru disparu (en qualité de race pure) dès 1850. Alarmé, le gouvernement du Québec demande à Joseph-Alphonse Couture, vétérinaire, de diriger une commission ayant pour but d’enregistrer la généalogie des derniers chevaux canadiens pur sang. La tenue du livre généalogique, identifiant quelque 600 sujets, a ouvert la porte à regrouper, dix ans plus tard, les éleveurs en une société. On croyait alors avoir sauvé la race, mais celle-ci devait en revanche faire face à la modernisation des moyens de transport et des équipements agricoles, rendant l’usage du cheval moins essentiel. Pour éviter l’extinction et assurer la pureté de la race, le ministère fédéral de l’Agriculture ouvre à Cap-Rouge en 1907 (puis plus tard à Saint-Joachim) un élevage fédéral de chevaux canadiens et par la même occasion un nouveau livre généalogique n’incluant cette fois que les animaux inspectés et acceptés. De ce nouveau livre, on détermine que 969 chevaux répondent à l’appellation « chevaux canadiens ». Après avoir joué un rôle capital dans un point critique de l’histoire de la race, la ferme fédérale tire sa révérence en 1940. Le ministère de l’agriculture et de la colonisation achètera alors de la ferme 15 spécimens pour les envoyer à l’école provinciale d’agriculture de Deschambault ; il n’y aura cependant plus de programmes d’intensification de la reproduction. La race survivra grâce aux éleveurs privés, mais elle demeure encore aujourd’hui une race à risque. En 1998, l’Association québécoise du cheval canadien est créée afin de promouvoir la race et de regrouper éleveurs, propriétaires et amateurs. L’année suivante, le gouvernement du Québec reconnaît avec la loi 199 le cheval canadien comme patrimoine agricole. En 2001, c’est au tour du Sénat du Canada de reconnaître avec la loi S-22 le cheval canadien comme cheval national. En 2007, le ministère des transports du Québec modifie les panneaux de signalisations afin que l’on reconnaisse, sur les pictogrammes, le cheval canadien.

Sources

  • Nom du facilitateur ou des facilitateurs : Jocelyn Gadbois et Elise Bégin
  • Date d'entrevue : 2010-06-22
  • Nom de l'indexeur ou des indexeurs : Jocelyn Gadbois et Elise Bégin

Sons

Photos

Facebook

Partenaires

La réalisation de l’Inventaire des ressources ethnologiques du patrimoine immatériel a été rendue possible grâce à l’appui de nos partenaires.

  • Logo - Conseil québécois du patrimoine vivant
  • Logo - Chaine de recherche du Canada en patrimoine ethnologique
  • Logo - Musée québécois de culture populaire
  • Logo - Société Québécoise Ethnologie

© 2019 Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique, Université Laval